Interview 64 page Brussels

An interview with me as one of the authors for the special Polar 22 edition of 64 page.

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Yana KNIGHT pour Bunny Bones, histoire d’ordures 

Interview Philippe Decloux

Yana KNIGHT

Yana Knight est une artiste et illustratrice anglo-russe qui vit à Bruxelles où elle peint, dessine des BD, enseigne l’art et se promène beaucoup. Parfois avec des gants au poulet rôti, parfois sans. Tu peux suivre ses aventures sur Instagram.

Mon site: www.storyofyana.com,

instagram: https://www.instagram.com/yana_knight/

Philippe : Raconte-nous ton parcours de vie et d’artiste ? Quelles sont tes passions ?

Yana : Je suis un artiste russo-britannique, j’habite à Bruxelles depuis 2014. En tant qu’artiste, je suis autodidacte – l’art est apparu dans ma vie alors que j’étais sur une route ‘légèrement’ différente, faisant mon doctorat en Artificiel Intelligence il y a environ 7 ans et m’a changée le cours de vie. Des que j’ai réalisé que je pouvais dessiner et peindre c’est vite devenue tout ce que je voulais faire. Et pendant les années qui ont suivi, c’était tout ce que j’ai fait de ma vie.

Bunny Bones, histoire d’ordures ©Yana KNIGHT

Je suis passionnée par la vie quotidienne et par la possibilité de créer des choses. C’est un peu comme, écoute, j’ai un corps, qu’est-ce que je peux en faire dans ce monde, comment puis-je l’utiliser, que puis-je créer? Oh, et attends, il semble y avoir un cerveau quelque part ici, qu’est-ce que cette chose fait?  La vie est pleine de matières premières pour l’art, il se passe tellement de choses autour de nous et je trouve incroyablement intéressant de regarder ces petites mais énormes choses, découvrir combien il y a de beauté partout, transformer en quelque chose d’artiqtique, partager avec les autres…

Philippe : Comment as-tu découvert la revue 64_page ? Et qu’est-ce qui t’a motivé à te lancer dans cette BD polar ?

Yana : J’ai découvert la revue grâce à une connaissance qui m’a montré le spécial Western. Quand j’ai vu l’appel pour le Polar, je l’ai noté, puis je me suis assise quelques jours avant le deadline pour voir si une histoire aimerait paraître. Et si quelque chose voulait sortir, cela le ferait, et sinon, tant pis. Une fois que j’ai vu une histoire émerger, j’ai décidé de continuer; tout a été dessiné en un jour ou deux.

Philippe : Tu as un style très personnel. Explique nous comment tu conçois un récit, une BD ?

Yana : Ma façon de travailler est liée aux mes inspirationes et passiones, je pars en voyage d’épongement où je ne fais beaucoup de travail productif, à part éponger des choses, entendre, écouter des histoires de gens, regarder autour de moi, essayer des trucs, faire subir à mon corps des sortes d’expériences différentes. Mes inspirations sont rarement purement visuelles. Je trouve beaucoup de choses très belles et intéressantes, je les enregistre de toutes les manières possibles. Je ne fais aucune planification, je commence à dessiner et l’histoire commence à apparaître, et parfois pas, mais pour moi l’histoire vie dans le dessin et je dois l’aider à sortir. Alors je m’assois devant une feuille de papier vide que je trouve très excitante, et je dis, OK, voyons ce qui se passe, qui est dans mon cerveau aujourd’hui, qui a quelque chose à dire, qui veut sortir nous parler ? Je commence par le première cadre, je dessine ce qui me vient à l’esprit, puis je me demande, d’accord, où est-ce que cela me mène, où cela pourrait-il me mener, qui est là maintenant…? Et maintenant? Les matériels sont souvent aussi trouvés de cette façon dans cette exploration, je travaille en technique mixed.

C’est comme cela que j’ai fait cette bande dessinée. J’ai dessiné la poubelle dans le premier cadre et puis lentement l’histoire a commencé à apparaître, à se dérouler. Cela vient de ma frénésie de poubelles il y a quelques années quand il y a eu une fois une grève des poubelles ou quelque chose du genre et la ville en était remplie, partout où vous allez. J’ai commencé à les connaître, à les visiter et à les revisiter, à remarquer leurs personnalités, imaginer leurs histoires personnelles, alors qu’ils restaient allongés là pendant des semaines, et j’en faisais des enregistrements.

Philippe : Quels sont tes projets ? Comment vois-tu ton avenir de créatrice ?

Yana : Eh bien, j’aimerais travailler sur plus d’histoires et de livres, j’ai déjà auto-édité deux romans graphiques et j’illustre actuellement un livre pour enfants. Je vois mon avenir dans les livres et histoires, à la fois pour les enfants et les adultes, les romans graphiques et les bandes dessinées, à ma façon spontanée, imprévisible, avec leur vie propre, laissant les histoires filtrer à travers moi et sortir. D’autre côte, je vais toujours continuer mes grandes peintures en toiles, qui sont crées dans la même façon. J’enseigne également mon approche aux autres, en aidant les gens à découvrir leur créativité sur la vie quotidienne, je trouve cela trés important.